De la légende associative à la réalité locale : à quoi servent ces postes ?

À Gardanne, ville de plus de 20 000 habitants, le bouillonnement associatif est réel : plus de 160 associations sont actives d’après la municipalité (source). Mais face à l’énergie du quotidien, une question revient souvent lors des assemblées générales, ateliers ou cafés associatifs : « Et si on nommait un président d’honneur ou un trésorier adjoint ? ». Qu’est-ce qui se cache derrière ces intitulés parfois un peu mystérieux ? Gadgets honorifiques ? Solutions pour renforcer la gouvernance ? Ou pièges administratifs ?

Si dans certaines assos, ces rôles semblent ancrés dans l’histoire (“On a toujours fait comme ça !”), dans d’autres, ils suscitent débats et hésitations. Alors on va regarder tout ça en détail, sans langue de bois, pour t’aider à choisir à tête reposée – et selon ta réalité gardannaise.

Président d’honneur et trésorier adjoint : définitions sans baratin

  • Président d’honneur : titre sans pouvoir exécutif réel, souvent confié à une personnalité (ancienne présidente, membre marquant, élu local, mécène…) pour la symbolique. Pas de signature bancaire ni de responsabilités juridiques directes.
  • Trésorier adjoint : poste fonctionnel, d’appoint ou relais du trésorier. S’il n’a pas de délégation écrite, il ne peut pas engager financièrement l’association. Il intervient en soutien ou en remplacement temporaire.

: rien dans la loi de 1901 n’impose l’un ou l’autre. C’est la liberté la plus totale… ou presque, car ce sont les statuts qui font foi.

Contexte gardannais : enjeux et réalités du terrain

À Gardanne, la plupart des associations sont de taille modeste : 74% comptent moins de 30 membres actifs (Mairie de Gardanne, chiffres 2023). Beaucoup fonctionnent sur l’énergie de bénévoles disponibles, parfois déjà sursollicités.

  • Vieillissement des bénévoles : Le nombre de dirigeants associatifs de plus de 55 ans a progressé de 20% depuis 2015 sur le bassin Aix-Gardanne (source : France Bénévolat). Les postes à “forte responsabilité” peuvent décourager les nouvelles recrues.
  • Turn-over des trésoriers : 43% des associations locales déclarent avoir eu au moins deux trésoriers différents sur les cinq dernières années (enquête Assogora 2022).
  • Difficultés à trouver des volontaires : Selon l'Observatoire Départemental de la Vie Associative des Bouches-du-Rhône, seules 36% des assos locales ont un “vivier” régulier pour renouveler leurs postes clés.

Autant dire que si tu peux “alléger” la pression sur les postes de direction, sans ajouter de l’administratif, c’est toujours bon à prendre. Mais parfois, donner un rôle d’honneur ou prévoir un appui financier, ça peut vraiment aider.

Président d’honneur : une reconnaissance… mais à manier avec discernement

Pourquoi créer ce poste ?

  • Pérenniser l’engagement d’une figure locale, éviter le “décrochage” des anciens actifs
  • Bénéficier de leur carnet d’adresses ou de leur notoriété
  • Récompenser un engagement remarquable sans encombrer la gouvernance courante

Dans des villes comme Gardanne, communément tournée vers la solidarité et la mémoire locale, certains présidents d’honneur jouent un vrai rôle de “passeur” : il ou elle rassure, fait levier lors des recherches de financements, ou incarne la transmission d’un projet.

Mais attention : ce n’est pas un “fauteuil à vie”, ni un joker si le bureau rame ! Sans fiche de poste claire ni statut précis dans les statuts, le président d’honneur peut provoquer plus de débats que de cohésion. Dans 18% des associations locales dotées de ce poste, on note un flou sur ses véritables attributions (retour d’expérience DLA Provence 2022), provoquant parfois des conflits larvés.

Avantages Risques / Limites
  • Valeur symbolique forte
  • Soutien moral ou réseau précieux
  • Appui institutionnel possible
  • Rôle flou → confusion interne
  • Peut freiner arrivée de nouvelles énergies
  • Mésentente si mauvaise gestion du titre

En pratique à Gardanne : La Maison des Associations conseille de “borner dans le temps” ce type de fonction (1 à 2 ans), et de la réserver à des personnes qui restent disponibles… mais sans qu’il y ait d’ingérence quotidienne dans les affaires courantes.

Trésorier adjoint : pragmatisme ou usine à gaz ?

Les finances, c’est le nerf de la guerre. Mais la gestion associative peut vite tourner au parcours du combattant dès que les mouvements d’argent dépassent la dizaine de lignes par mois. Surtout, un trésorier peut tomber malade ou partir du jour au lendemain… et là, bonjour les galères.

  • Le trésorier adjoint, c’est :
    • Un backup direct (signature des comptes sous condition, gestion des outils bancaires, relai ponctuel sur la reddition des comptes)
    • Un relais pour “former” la relève, notamment pour les associations qui ne trouvent pas de jeune trésorier(e)
    • Un partage des tâches : gestion des adhésions, suivi des factures, rédaction des bilans financiers, relation avec le cabinet comptable (quand il y en a un…)

Selon l’Union des Associations d’Économie Sociale, 58% des découverts associatifs surviennent lors de périodes “floues” où le poste de trésorier n’est pas tenu, ou en transition (“Panorama associatif”, 2021). À Gardanne, 9 associations sur 10 qui ont recruté un trésorier adjoint témoignent d’une baisse du stress et des erreurs sur les finances (interviews Assogora, 2022-2023).

Checklist pour que le poste soit utile (et pas juste sur le papier) :

  • Inscrire clairement ses prérogatives dans le règlement intérieur ou les statuts (qui peut signer quoi ? Sur quelle période ?)
  • Organiser une vraie transmission de compétences
  • Prévoir une double validation sur les chèques ou virements, si possible

Prévoir un trésorier adjoint ne dispense pas d’être exigeant sur la confiance et la rigueur. Mais cela peut fluidifier la vie de l’association, sécuriser les finances, et… éviter à tout le monde de faire des cauchemars administratifs.

Point juridique et obligations locales : pas de piège mais… gare aux statuts

A Gardanne comme ailleurs, la loi de 1901 ne parle ni de président d’honneur ni de trésorier adjoint. Cependant :

  • C’est la rédaction des statuts et du règlement intérieur qui détermine la légitimité (et la protection !) de ces rôles.
  • Un président d’honneur n’a aucun pouvoir décisionnel officiel… sauf si les statuts lui en donnent (!), ce qui est à éviter.
  • Le trésorier adjoint n’a de rôle effectif que si les statuts ou une délibération du conseil d’administration les précisent. Sinon, impossible, par exemple, d’aller signer un chèque à la banque.
  • Niveau assurance, ces postes n’impliquent pas de surcoût, tant qu’il n’y a pas délégation financière officielle.

La préfecture de Marseille rappelle : “C’est à l’association (assemblée générale ou conseil d’administration) de fixer le cadre d’utilisation et la reconnaissance de ces postes. En cas de contestation, les statuts sont la référence” (source).

Choisir selon les besoins réels… et ceux à venir

  • Pense collectif : Un président d’honneur peut aider à "rassembler" autour d’une histoire ou d’un projet, mais ne doit pas devenir un obstacle à l’émancipation des nouveaux membres.
  • Pense gestion : Un trésorier adjoint, c’est la meilleure manière d’anticiper une absence, d’éviter les urgences de dernière minute (et de garder ton banquier dans de bonnes dispositions…)
  • Pense dynamique locale : Des associations sportives de Gardanne voient leur nombre d’adhérents grimper de +23% sur trois ans (source : Office Municipal des Sports Gardanne 2023). Mieux vaut anticiper la montée en charge et s’organiser sans improviser.

Plutôt que de multiplier les titres “pour faire comme les autres”, interroge la réalité des besoins, la disponibilité des bénévoles, et donne la priorité à la clarté : mieux vaut deux postes bien tenus qu’une flopée de mandats fantômes qui s’empilent !

Ouverture : inventer son propre équilibre associatif

Si certaines associations gardannaises vivent très bien sans président d’honneur ni trésorier adjoint, d’autres se découvrent plus solides, plus ouvertes et moins stressées en adoptant ces “coussins de sécurité”. À chaque association de trouver la formule adaptée à sa taille, ses ambitions, et surtout son collectif ! Que ce soit pour préparer l’avenir, garder une trace du passé ou juste alléger la charge mentale des bénévoles… l’essentiel à Gardanne (et ailleurs), c’est de placer l’humain au bon endroit pour faire vivre les belles idées.

Pour aller plus loin :

  • Retours d’expériences et ressources sur le site de la Vie associative
  • Espace conseils à la Maison des Associations de Gardanne
  • Formation à la gouvernance associative proposée par France Bénévolat Bouches-du-Rhône